Le concept d'espèce
Le processus d'évaluation de la situation générale vise à attribuer une cote à une espèce, terme faisant généralement référence aux populations d'organismes qui ne s'accouplent pas avec d'autres populations même lorsqu'elles occupent un même territoire au même moment. L'espèce est l'unité de classement biologique la plus courante et la plus facilement reconnaissable qui soit utilisée en conservation, mais elle n'est pas la seule. Par exemple, les sous-espèces (populations génétiquement distinctes pouvant sembler différentes et se comporter différemment) et les stocks (populations distinctes qui peuvent nécessiter différentes méthodes de gestion parce que des pressions écologiques différentes s'exercent sur elles) constituent des divisions inférieures à l'espèce. Bien que ces divisions puissent avoir des avantages, il y a plus souvent des désaccords relativement aux limites précises et à l'importance biologique des différences observées à cette échelle plus petite. En outre, relativement peu d'espèces ont été examinées d'assez près pour définir l'existence de sous-espèces ou de stocks. Ainsi, seules les espèces ont été classées quant à leur situation générale.
La vie est variée à presque toutes les échelles imaginables. De l'ADN qui constitue les gènes des organismes à la composition et au comportement d'écosystèmes entiers, des êtres vivants d'une diversité et d'une complexité sans fin nous entourent. L'expression la plus courante de cette diversité est le nombre et le type d'espèces; dans le présent rapport, nous abordons essentiellement la biodiversité sous cet angle (figure 1). Cependant, la perspective des espèces ne constitue pas le seul point de vue valable. Par exemple, l'Arctique canadien compte relativement peu d'espèces, mais bon nombre d'entre elles sont particulièrement adaptées aux températures extrêmes, ce qui leur permet de survivre là et nulle part ailleurs. La diversité des types d'organismes est au moins aussi importante que leur nombre, car les différents types d'organismes possèdent des fonctions importantes, souvent irremplaçables, dans la nature. Par exemple, certains champignons vivent en association avec les racines des plantes, auxquelles ils fournissent des minéraux sans lesquels la plupart des plantes vasculaires ne pourraient tout simplement pas croître!
Figure 1. Diversité des espèces au Canada (environ 70 000 espèces) et nombre d'espèces évaluées (11 950 espèces) dans le cadre du rapport Espèces sauvages 2010.