Les poissons d'eau douce

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poisson : vertébré à sang froid, muni d'un crâne, qui existe en grand nom-bre et ne vit que dans l'eau. Possède en général un corps allongé assez fusiforme terminé par une large nageoire caudale et des membres en forme de nageoires.

On peut certainement soutenir que, plus que tout autre groupe de vertébrés, les poissons sont liés à une seule caractéristique dominante de leur habitat : l'eau. Grâce à leur corps aérodynamique qui réduit la résistance au frottement, aux nageoires avec lesquelles ils se dirigent et se propulsent, à la vessie natatoire qui leur sert de bouée à toutes les profondeurs et aux canaux spéciaux qui font toute la longueur de leur corps (système latéral) et qui sentent les courants, les poissons sont merveilleusement adaptés aux déplacements dans l'univers sous-marin. Mais l'eau fournit aux poissons plus qu'un support physique dans lequel naviguer. La température et la composition chimique de l'eau ainsi que la vitesse et la direction du courant influencent tout, depuis le fait que les poissons peuvent, ou non, respirer jusqu'à l'endroit où les conditions sont favorables à la frai. Les connexions entre les masses d'eau déterminent la répartition des espèces de poissons et la possibilité de colonisation par d'autres poissons, qui peuvent être des prédateurs, des proies ou des concurrents. L'arrêt du flux de l'eau d'une masse à une autre est un des facteurs les plus importants de l'apparition de nouvelles espèces de poissons : les différences génétiques entre les populations de poissons peuvent s'accumuler avec le temps lorsque la possibilité d'échange d'individus et de croisements entre eux est entravée. En fait, il se peut que ce soit simplement ce genre d'obstacle qui, il y a un demi-milliard d'années environ, a incité un groupe de poissons à prendre la direction de la terre et devenir l'ancêtre de tous les tétrapodes modernes (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles).

Que ce soit parce qu'ils sont plus vieux que les autres vertébrés ou parce que 70 % de la planète est recouverte d'eau, les poissons, qui forment à peu près la moitié (25 000) de toutes les espèces de vertébrés à l'échelle mondiale, sont assurément le groupe de vertébrés qui compte le plus d'espèces. Environ 10 000 de ces espèces sont des espèces dulçaquicoles, une proportion assez surprenante compte tenu de ce que 3 % seulement de l'eau de la planète n'est pas salée. Le Canada renferme environ le quart de l'eau douce du monde et a donc une responsabilité considérable envers la protection de l'habitat des poissons d'eau douce. Il y a 230 espèces de poissons dans nos ruisseaux, nos rivières et nos lacs. Certains membres de deux des grands groupes de poissons d'eau douce du Canada sont bien connus en raison de leur importance quant à la pêche récréative et commerciale : les saumons et leurs alliés (salmoniformes), y compris les saumons, les truites, les ciscos et le grand corégone, ainsi que les perches et leurs alliés (Perciformes), notamment la perche, l'achigan, le doré jaune et le malachigan. Ces deux groupes représentent respectivement aux alentours de 12 % et de 20 % des espèces canadiennes de poissons d'eau douce. Un troisième groupe, les cypriniformes, représentent la plus grande collection (29 %) d'espèces canadiennes de poissons d'eau douce. Ce groupe inclut les cyprins, les naseux, les meuniers, les ménés et les chevaliers. Parmi les autres groupes familiers, mais plus petits, il y a les barbues, les brochets et les chabots, qui ensemble représentent un autre 15 % des espèces canadiennes.

Bien que quelques-unes de ces espèces (p. ex. le touladi, le meunier noir, le chabot visqueux et le grand corégone) se rencontrent à travers presque tout le pays, plusieurs espèces sont présentes en plus fortes concentrations dans certaines provinces et territoires en particulier. Conséquemment, la richesse en espèces varie d'une province ou territoire à l'autre. L'Ontario (155 espèces) et le Québec (114 espèces) possèdent la plus grande richesse en espèces. Cette dernière décroît régulièrement à l'Est du Québec et à l'Ouest de l'Ontario, étant le plus faible dans les provinces de l'Atlantique et dans les territoires septentrionaux (moins de 50 espèces). Bien que quelques-unes de ces espèces (p. ex. le touladi, le meunier noir, le chabot visqueux et le grand corégone) se rencontrent dans presque toutes les provinces et tous les territoires, ce sont l'Ontario (155 espèces) et le Québec (114 espèces) qui possèdent la plus grande richesse en espèces. Cette dernière décroît régulièrement à l'Est du Québec et à l'Ouest de l'Ontario, étant le plus faible dans les provinces de l'Atlantique et dans les territoires septentrionaux (moins de 50 espèces). La grande richesse en espèces en Ontario et au Québec est peut-être due au grand nombre et à l'étendue de masses d'eau qui s'y trouvent, à un climat relativement doux en certains endroits et au fait que deux bassins hydrographiques importants se chevauchent dans ces provinces. Le chevauchement des bassins hydrographiques ne peut pourtant être qu'une partie de l'explication, étant donné qu'il y a en Ontario 42 espèces qui n'existent nulle part ailleurs au Canada. Cela représente 15 espèces de plus qu'en Colombie-Britannique (27 espèces) et au moins 38 de plus que toute autre région, y compris le Québec (4 espèces). Même lorsqu'on tient compte que 19 % des espèces n'y sont pas indigènes (exotiques), l'Ontario reste la province où la richesse en espèces de poissons d'eau douce est la plus grande. Certaines autres régions n'ont pas d'espèces exotiques (p. ex. le Yukon, le Labrador), mais la proportion des espèces exotiques de poissons d'eau douce est élevée (au moins 10 %) par comparaison à ce qu'elle est dans les autres groupes classifiés dans le présent rapport.

Le nombre important d'espèces exotiques est un des facteurs qui menacent dans les Grands Lacs les espèces dulçaquicoles indigènes du Canada. La grande lamproie marine, un « poisson » primitif parasite qui a contribué à la disparition au Canada, dans les Grands Lacs, d'au moins une espèce, le cisco de profondeur, est un exemple bien connu de cette menace. En Colombie-Britannique, la barbotte brune est impliquée dans la disparition de deux espèces de l'épinoche de lac. Sept espèces de poissons d'eau douce au total sont disparues du Canada, une autre, le cisco à nageoires noires, étant disparue des masses d'eau douce de l'Ontario. D'autres espèces exotiques ont sur les poissons indigènes des effets moins évidents que les blessures mortelles infligées par la grande lamproie marine. Par exemple, les espèces introduites sont souvent des prédateurs voraces qui soit se nourrissent de poissons indigènes ou privent ceux-ci de leur alimentation habituelle composée d'invertébrés (p. ex. des vers, des sangsues, des insectes et des escargots), ou d'autres poissons. D'autres facteurs qui peuvent influer sur la répartition et l'abondance des poissons d'eau douce sont liés à la modification de l'habitat (p. ex. la construction de barrages, les bassins de retenue), la surexploitation et la pollution.

L'effet global de ces incidences sur les espèces de poissons d'eau douce du Canada n'est pas claire, parce que les classifications nationales de la situation générale ne sont pas encore achevées pour ce groupe. En moyenne, les provinces et les territoires signalent toutefois qu'environ 2 % de leurs espèces de poissons d'eau douce sont en péril, que 4 % sont possiblement en péril et que 12 % sont sensibles. La majorité des poissons d'eau douce sont classifiés comme étant en sécurité (moyenne 52 %), mais il est important de remarquer que la proportion moyenne d'espèces indéterminées (17 %) était très élevée et qu'un autre 1 % des espèces sont non évaluées.

On peut se demander si nos lacunes en matière de données pour pouvoir évaluer la situation générale de ces espèces indéterminées sont importantes. À ce sujet, il est bon de se souvenir que les espèces peu connues font partie d'écosystèmes qui assurent la subsistance d'autres espèces sauvages, y compris des espèces de poissons prédateurs. Bon nombre de ces prédateurs ont une importance économique directe, puisqu'ils servent au Canada à la pêche commerciale en eau douce, dont la valeur au marché a été de plus de 147 millions de dollars en 1998, et à la pêche récréative (en eau douce et en eau salée), dont la valeur a été de plus de 4,9 milliards de dollars en 1995. Les incidences économiques s'ajoutent donc à la liste des raisons de s'employer à l'avenir à déterminer la situation générale de toutes les espèces canadiennes de poissons d'eau douce.

Doré bleu

... mais l'eau fournit aux poissons plus qu'un support physique dans lequel naviguer. La température et la composition chimique de l'eau ainsi que la vitesse et la direction du courant influencent tout, depuis le fait que les poissons peuvent, ou non, respirer jusqu'à l'endroit où les conditions sont favorables à la frai.

Terres humides

Le Canada renferme environ le quart de l'eau douce du monde et a donc une responsabilité considérable envers la protection de l'habitat des poissons d'eau douce. Il y a 230 espèces de poissons dans nos ruisseaux, nos rivières et nos lacs.

Grand Brochet

Sept espèces de poissons d'eau douce au total sont disparues du Canada, une autre, le cisco à nageoires noires, étant disparue des masses d'eau douce de l'Ontario.

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